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Petite côte, grand coup de coeur

Ngaparou et Nguering

Pour la seconde partie de ce séjour sénégalais nous avons choisi d’explorer la petite côte, zone littorale située au sud de Dakar. C’est ici que nous avons rencontré Thierry et Sylvie, les perles rares d’Airbnb. Arrivés dans leur lodge en fin d’après-midi, nous nous sommes installés et avons visité les lieux avant de manger tous les quatre. Quel plaisir de retrouver le partage et l’échange qui semble se perdre au fil des années et des locations ! Situés tout près de Ngaparou, nous nous sommes rapidement senti comme à la maison. Nous y avons découvert le jujubier en goûtant à son fruit, le jujube, qui a presque un goût de bonbon. Nous avons senti l’eucalyptus frais, écouté le « paf » de l’arbre à paf lorsqu’on en décroche le fruit, caressé du coton et admiré pour la première fois un manguier.

Après une première nuit en case, l’estomac de Guillaume a décidé de lui faire comprendre qu’il avait légèrement abusé des bons petits plats sénégalais. Je l’ai donc laissé se reposer au doux son des calaos et j’ai accompagné Thierry faire les courses pour le repas du midi. Nous avons emprunté les pistes en slalomant entre chèvres et charrettes et avons roulé jusqu’à Saly, localement surnommée "toubabland" (la ville des touristes). Quelle ne fut pas ma surprise lorsque mon préjugé de base s’est avéré réel : les français de la région avaient les yeux remplis d’étoiles face au rayon fromage du Auchan de la ville... sacrés sénégaulois, ils m'auront bien fait rire !
Après les grandes courses dans les supermarchés, nous avons acheté les fruits et légumes dans les petits cabanons qu’on aperçoit en bord de route. Il est marrant d’apprendre qu’ici on achète des prix et non des quantités. Là où sur un marché français on va acheter 100g de carottes ou 5 carottes, ici on va acheter 100 francs, ce qui peut mener à des situation amusante comme le fait de se retrouver avec 2 carottes et demies ou un tiers d’oignon en fonction de la somme donnée.

Après un bon repas tous les trois pendant que Guillaume réalisait une performance olympique de sieste, j’ai passé l’après midi à dorer (brûler) sous un palmier en mangeant des cacahuètes au son de la piscine et de la faune locale, un vrai bonheur. Quelques couches de Biafine plus tard, Guillaume nous a rejoint pour le dîner et puis nous sommes allés nous promener tous les 4 sur la plage en admirant le coucher du soleil, les belles pirogues et les lutteurs.

M’bour et son marché aux poissons

Après un bon petit déjeuner, Thierry nous a déposé à Saly où nous faisons la connaissance de Jo, notre guide, et de Jacques Chirac, son cheval. C'est donc en charrette que nous allons rejoindre la ville de M'bour. Elle est l’une des plus grandes villes du pays et nous sommes pourtant déjà bien loin des routes bétonnées et des barres d’immeubles. Nous avons d’ailleurs vu la route s’arrêter nette pendant notre ballade en calèche, ce qui nous a fait sourire.

Pour l’anecdote, Jacques tient bel et bien son nom de notre célèbre président qu’il a un jour promené ! Jo, notre guide, est très précis ; il nous explique les lieux, les bâtiments et les histoires de la région dans les moindres détails. Arrivés à M’bour nous quittons Jacques et retrouvons un second guide qui va nous faire découvrir le marché aux poissons. Nous le suivons à travers le port et arrivons sur la plage en même temps que les pêcheurs qui débarquent : quelle effervescence !

Cette plage est si bondée qu’on doit bien y trouver la moitié de la population de la ville. La ville est jumelée avec Concarneau (Finistère) et entre villes de pêcheurs l’entraide entre les deux populations semble bien présente. C’est d’autant plus amusant que nous avons grandit tout près de cette ville.

Notre guide est très précis, il nous parle de l’arrivée des pêcheurs, des embarcations de jour et de nuit, puis nous promène sur la plage en nous présentant les tâches de chacun.

Les hommes semblent plutôt débarquer la pêche alors que de nombreuses femmes s’occupent déjà des poissons fraîchement arrivés. Elles les présentent sur les étals, en vendent, en broient d’autres et récupèrent les écailles pour faire de l’engrais. Nous pouvons observer les roussettes, les barracudas de toutes tailles et le célèbre Thiof (mérou).

A terre se trouve le cimetière au poisson, où sont déposés les poissons qui ne seront pas mangés au Sénégal mais qui feront le bonheur des pays non limitrophe avec la mer. Nous découvrons le salage des poissons, bien que la ville de Concarneau ait offert à celle de M’bour de grands frigos et de la glace. Nous terminons par la criée, où les négociations vont bon train.

Notre guide nous fait ensuite remonter dans la ville à travers un marché plus artisanal avec quelques arrêts « obligatoires » où nous réussissons à négocier avec fierté l’achat de trois statuettes de singes en bois que nous convoitions depuis notre journée à Gorée (les singes de la sagesse). Nous apprenons beaucoup de diverses sculptures que nous voyons dans chaque boutique depuis notre arrivée, tout semble avoir une signification et nous sommes vraiment intéressés par ce que nous découvrons. Après un chant de groupe au djembé où Guillaume salue une fois de plus mon incapacité à suivre un rythme, nous repartons avec Jo et Jacques jusqu’à Saly, notre point de départ. C'est d'ici que nous allons rejoindre la lagune de la Somone pour y passer l'après-midi.

La lagune de la Somone

Après une pizza réconfortante au coeur de Saly, nous nous sommes essayés aux "collectifs", des taxis aux courses courtes qui prennent du monde sur la route et qui s’arrêtent à des points de passages pour environ 10 fois moins cher qu’un taxi classique. Arrivés à la Somone, nous avons contacté Babacar qui nous a promené en bateau sur la lagune en nous parlant des oiseaux qu’on y rencontrait.

Entre sable et mangrove, nous avons pu observer de nombreuses espèces tels que des hérons, des pélicants ou encore des crabes violoniste ne portant qu'une seule grosse pince. Nous avons aussi eu l'occasion de regarder les pêcheurs d’huîtres et de coques en plein ramassage.

Nous avons ensuite fait un vœu au baobab sacré (enfin deux, car la première fois j’ai fait tomber le coquillage qu’on y dépose afin que le souhait se réalise…).

A la fin de cette agréable ballade, nous avons observé les kite surfers et sommes rentrés profiter de la piscine du lodge.

La réserve naturelle de Bandia

C’est après un réveil matinal et avec le ventre bien rempli que Thierry nous emmène à Bandia, une réserve animalière. Nous avons eu raison d’écouter le réveil, en arrivant dans les premiers, nous avons pu proposer à d'autres touristes de partager un 4x4 afin de diviser les frais pour cette visite. Par chance, nous tombons sur 3 couples d’amis sympathiques et louons la voiture tous les 8, ce qui se révèle effectivement être très avantageux financièrement !

Notre chauffeur est attentif et notre guide passionné ; il semble prendre un réel plaisir à nous parler de la faune et de la flore locale. En début de matinée, lorsque la température ne dépassait pas les 30 degrés, les animaux étaient actifs.

La famille autruche était de sortie et un autruchon venait tout juste de naître. Nous avons également dépassé la famille phacochère et avons beaucoup aimé différencier les girafes mâles des girafes femelles (les mâles ont le poil plus foncé). Nous avons également eu la chance de croiser les rhinocéros, ce qui ne paraissait pas si fréquent à entendre le guide. Malheureusement, à cause du braconnage, leurs cornes ont été coupées pour éviter qu’ils ne se fassent abattre. On s’est amusé à les regarder courir de loin, on aurait dit de gros pneus qui rebondissent, un style unique.

Entre les pistes parsemées de baobas géants et de buissons épineux, se trouvaient plusieurs singes au bord du plan d’eau faisant des acrobaties dans les arbres. Plus loin nous avons aperçu des buffles, des impalas, de rapides antilopes et plusieurs espèces de gazelles. Nous avons terminé en beauté par les beaux zèbres qui se reposaient.

Au coeur de la réserve se trouve un immense baobab qui, selon la tradition, abritait les dépouilles d'un certain type de population (les griots). Des ossements déposés dans le creux du tronc y sont encore visibles.

Midi approchant, le soleil était au zénith et il commençait à faire chaud, même pour les animaux. A la fin du safari, quelques crocodiles immobiles nous attendaient, l’œil aimable.

Sous la pression de leur regard, nous avons décidé de rentrer manger les bons hamburgers maison que Sylvie nous avait préparé avec amour. Et à la question : est-il possible de digérer correctement un hamburger/frites sous le soleil d’Afrique en faisant du Buggy sur les pistes ? Nous répondons « oui » !

La face cachée de la petite côte

En début d’après-midi, Thierry nous a déposé à Saly où nous avons piloté notre premier buggy, une sorte de karting biplaces avec de grosses roues motrices. Deux, trois consignes de sécurité, un bandana pour se couvrir le nez et la bouche (nous n’avions jamais vu tant de poussière), des lunettes de soleil pour se protéger les yeux et nous voilà en route sur les pistes de la petite côte.
Une fois de plus, nous avons eu la chance d’être accompagnés d’un superbe guide, il nous a fait aller de découvertes en découvertes. Nous connaissons à présent le fonctionnement des termitières (tant dans leurs architecture que dans leur organisation et hiérarchie sociale).

Nous sommes également incollables sur les baobabs, de la graine à l’arbre en passant par le fruit et ses déclinaisons. Nous avons d’ailleurs eu l’opportunité de rentrer dans un baobab ; d’après la légende, la cavité ne se creuse qu’à partir du moment où le baobab est au moins centenaire.

Nous avons ensuite continué notre route à travers les pistes et chemins de toutes les couleurs et avons effectué notre dernier arrêt près d’un petit village sénégalais. Les quelques enfants du village qui ne travaillent pas sont venus à notre rencontre et nous avons été agréablement surpris de voir que tout n’était pas orchestré autour de l’argent comme ça a parfois été le cas au cours du voyage, ce qui était généralement assez désagréable.

Ici nous avons passé un moment merveilleux en échangeant quelques mots, des sourires et des moments de jeux. Merci Senegal-loisirs pour ce beau moment qui restera longtemps gravé dans nos mémoires ! Après un agréable parcours retour en buggy jusqu’à Saly, nous sommes rentrés en collectifs chez nos hôtes, avons piqué une tête dans la piscine et les avons accompagnés à la pizzeria.

Je ne sais pas si l’on retrouvera un jour cette sensation de faire partie de la famille de nos hôtes mais il est certain que l'accueil et le partage sont d'une grande richesse à nos yeux de voyageurs.
Merci encore pour votre accueil, votre présence et vos excellents conseils qui ont ont également impactés la fin de notre beau séjour à Saint-Louis ! Nous vous souhaitons le meilleurs et nous espérons revenir vous voir un jour dans cette région pour laquelle nous avons eu un coup de cœur !

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